Alarmes Egales II

Quelques pépites dans de l'eau sombre... (ou le contraire ?)

05 février 2010

Quand l'outrancier confine au négligeable…

L'avalanche d'insultes déversée récemment par Yann Moix sur la Suisse et les Suisses, et qui paraît-il constituera le cœur de son prochain ouvrage, La Meute, déclenche des tombereaux de commentaires ici en Helvétie, pas toujours de très haute tenue il faut bien l'admettre. Mais il est vrai que la suffisance franchouillarde et parigotte de cet écrivaillon arrogant a de quoi susciter quelques réactions…
Nous préférerons l'élégante réponse exprimée ce matin sur La Première par Marc Bonnant, éminent avocat au barreau genevois, ardent défenseur de la langue française et lauréat il y a trois ans du Prix du Rayonnement français. La voici in extenso:
«Monsieur Moix, dont j'ignore tout y compris les œuvres, est probablement un écrivain modeste. Il ne suffit pas d'être fielleux pour avoir du talent, et n'est pas polémiste qui veut. Il y a une grande tradition polémique que j'aime, qu'il faut respecter, et qu'il faut en tout cas admettre comme une des fleurs de la liberté d'expression: ça va de Bernanos à Bloy, à Céline… Monsieur Moix apparemment règle des comptes avec je ne sais quel mal-être intérieur, quelle frustration profonde. Tout ça relève plus de la psychanalyse que cela ne relèverait de la littérature.
Mais, alors, je serais un farouche opposant à l'idée que l'on interdise et que l'on sanctionne. Depuis quand est-ce qu'on sanctionnerait la bêtise ? Vous voyez les charrettes de pendus ?…»

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29 janvier 2010

Une dominicale solitude

La table est longue, joliment décorée. Ils se sont tous installés dans un joyeux brouhaha de retrouvailles et d'embrassades. Ils lui ont ôté son manteau, du regard elle a demandé où s'asseoir. Ils l'ont placée au centre de l'assemblée, elle l'aïeule, entourée des trois générations qui la suivent. Divers cadeaux qui lui seront offerts au café sont déposés sur les appuis de fenêtres. Les enfants courent entre les chaises, quelques coups d'oeil d'un oncle ou d'une tante les incitent à plus de modération. Le patron apporte le vin,les verres se remplissent, on trinque à cet anniversaire plus que respectable, elle sourit. Puis les éclats de voix s'estompent, les conversations se font plus discrètes, plus privées. Au fond, on parle peut-être jardinage, à droite on évoque quelques faits d'actualité, un des gendres fait plusieurs allers-retours à l'extérieur pour fumer ses cigarettes. Au centre de la table, elle se retrouve seule, toutes les têtes s'étant détournées. Par petites gorgées, elle vide son verre de vin, jette quelques regards attendris sur ses arrière-petits-enfants à qui on a donné des crayons de couleur pour patienter. Une assiette est déposée devant elle, elle s'interroge (elle n'a jamais mangé "indien"…), hésite, attendant peut-être un signe qui ne vient pas, puis se met à manger. Toute seule, comme à l'hospice…

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22 janvier 2010

Une petite perle…

Je viens de le lire dans le dernier numéro papier de Philosophie-magazine
Julian Baggini, philosophe anglais dont j'ignorais jusqu'à cet instant l'existence, aurait écrit sur Twitter: «Etre intime avec un grand nombre de personnes est aussi contradictoire qu'être populaire auprès de peu de gens.»
Voilà qui s'adapte à merveille aux réseaux sur le Net, telle la blogosphère !

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16 janvier 2010

Sept bougies

Sept ans aujourd'hui.
Voilà exactement 7 ans que j'ouvrais mes Alarmes, première mouture. Ce n'est pas vraiment long, 7 ans, et pourtant tout ça me paraît fort loin. Ce qui peut paraître rassurant si l'on se projette dans le futur…

Vais-je continuer ? Probablement. Au rythme qui est le mien. En tous les cas avec la satisfaction (quelle prétention…) d'avoir vécu l'entrée en blogosphère à un moment où c'était encore un tout petit peu "confidentiel" sur le Vieux Continent, et surtout de ne pas m'être trop fait happer par le "blogosphériquement correct" qui peu à peu a pris le dessus…

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14 janvier 2010

Nouvel…

Donc la colère. L'impuissante colère.
Et le sang, plus vite que prévu. Pas dans le sable… dans les gravats.
Il est des temps où les jours sont absents, où la nuit prolonge ses fantômes jusqu'après nos rêves. Ou juste avant…
Mais demain nous rirons. A nouveau. Malgré tout.

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07 janvier 2010

Nouvel éveil

Une sorte de calme.
Pas de colère, pas encore. Une espèce de silence, blanchi de neige, comme un ciel uniformément gris, comme ces jours muets qui s'allongent peu à peu.
Puis viendront le soleil, les sourires, les cris. Et le sang, séchant sur le sable.

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25 décembre 2009

Fuyons, pour un moment, la gravité du monde…

… et excellentes Fêtes à tous !

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16 décembre 2009

Le tic-tac de la montre…

Nous sommes quatre en famille. Dans notre cuisine, la vieille table en bois massif où nous partageons nos repas est ovale (elle peut s'ouvrir et s'allonger de 3,50 m… ce qu'on ne fait jamais, on n'a pas la rallonge… et les dimensions de notre cuisine ne le supporteraient pas…).
Autour de cette table, nos places ne sont pas définies: nous tournons donc chaque semaine — le lundi matin pour simplifier — chacun se trouvant ainsi pour sept jours près de la porte du lave-vaisselle, et donc chargé d'enfourner nos couverts salis par nos agapes diverses et variées. Ceci ayant l'immense avantage d'éviter aussi bien la préséance que la monotonie.
Mais la médaille a un revers: cette systématique, cette régularité, c'est un peu comme le balancement de la pendule qui, dans son obsédante permanence, nous rappelle que le temps passe, que les semaines, les mois, les saisons, s'empilent avec la rapidité de l'éclair comme les assiettes dans le lave-vaisselle…

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10 décembre 2009

Jusqu'où l'amour va se nicher…

Il avait 79 ans. Malade de puis plusieurs années, hospitalisé depuis plusieurs semaines, il était dans le coma, aux soins intensifs.
Elle avait 80 ans. Elle venait chaque jour au chevet de son mari. Il y a une petite semaine, rentrant chez elle, elle se fait faucher par une voiture sur un passage pour piétons. Et se retrouve dans le coma, près de son mari.
Son état à lui s'aggrave brusquement. On les place dans la même chambre, il "entend" dans son coma l'aumônier lui dire que sa femme est près de lui.
Le même soir, il meurt, et elle le suit une petite heure après…
C'est triste, mais ce pourrait être un "beau" conte de Noël…

Posté par Vertumne à 11:05 - Emotions - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 novembre 2009

De plus en plus pesant…

Il est de plus en plus pénible de vivre dans ce pays. Le sentiment d'oppression que nous impose, depuis si longtemps, une bande d'extrémistes sous l'appellation d'UDC («Union démocratique du centre»… cherchez l'erreur !) devient irrespirable. Voilà le prix de notre démocratie et de nos institutions…
Une consolation ? Vivre dans un des trois seuls cantons et demi qui ont refusé cette initiative populaire insensée.

Posté par Vertumne à 16:53 - Colères ou déprimes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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