Alarmes Egales II

Quelques pépites dans de l'eau sombre... (ou le contraire ?)

24 juin 2009

Quatrain II

Ce regard pétrifié vers un rêve en partance
Un peu de sang discret, ruisselant sur l'asphalte
Et les plaintes soudain que la colère exalte.
Elle aura si peu vu les confins de l'enfance…

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19 juin 2009

Musique solaire

Il est assis au fond de la chambre, près d'une fenêtre dont les petits carreaux distillent sur le tapis élimé un peu de ce pâle soleil d'arrière été. Sur un guéridon, un bouquet de dahlias jette une tache violacée sur les sombres et lourdes tentures. Il écrit. Ou plutôt, il griffonne avec lenteur et application, parfois avec un peu plus de fébrilité, il fait courir de sa plume d'oie les notes qu'il ordonne sur la portée. De temps à autre, il saisit son alto et vérifie le rythme et la cadence des pizzicati dont il cherche à accompagner la ligne mélodique du violon, d'une vacillante douceur…
Il ne sait pas qu'il écrit une des œuvres les plus émouvantes de la musique. Ni qu'il mourra dans quelques semaines. Ou peut-être le sait-il…

(Schubert, Quintette à cordes en do majeur, D. 956, plus particulièrement l'adagio du deuxième mouvement. Je l'écoute pratiquement en boucle depuis une éternité…)

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08 juin 2009

Petite philosophie de kiosque de gare

En certaines circonstances, il m'arrive d'avoir le goût de l'opacité. Détournant le mot de Voltaire, je dirais que seuls les ruisseaux sont transparents, car ils manquent de profondeur…

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18 mai 2009

Plus de sang

Là-bas, des hommes marchent. Dans le silence ou le fracas. Des enfants courent à leurs côtés, heurtant parfois les pierres de leurs chevilles. Les hommes regardent les enfants de leurs yeux clairs, les enfants rient. Ils avancent vers le soleil. Plus loin, des femmes les attendent, ces dames bleues qui dansent dans la lumière. Il n'y aura plus de sang, nous dit-on. Peut-être.

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05 mai 2009

Quatrain

Je vois parfois, sans rire, aux aubes inversées,
Dans des recoins parfaits, gonflés de fausses fleurs,
La foule agglutinée, avide de bonheurs,
Ramper ingénument et sourire à la fée.

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27 avril 2009

Juste récompense

Nuit des Molières, 23e du nom.
Je me remémore les premières éditions: classe, élégance, une certaine humilité… Bon, on en est loin, maintenant.
Un immense plaisir toutefois, vraiment immense (au point que j'en ai versé quelques larmes): les deux "Molière" obtenus par Zabou Breitman, avec «Des gens» ! Ce spectacle, je l'ai vu deux fois coup sur coup à sa création à Vidy-Lausanne. L'occasion m'aurait été donnée de le voir une troisième que je l'aurais fait… Quelle magnifique adaptation, quelle superbe interprétation !
C'est drôle, quand même: personne, apparemment, ne voulait de son projet dans le microcosme parisien, et c'est René Gonzalez, directeur du théâtre Vidy-Lausanne, qui lui a offert de le monter au bord du Léman (Zabou n'a surtout pas manqué de le remercier, et c'est bien). On peut supposer que la venue de Dominique Besnehard lors d'une supplémentaire n'est pas étrangère au fait que, finalement, Paris lui ait enfin fait un triomphe…

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24 avril 2009

Mort d'Haller, merde alors…

Il avait cotoyé les plus grands… Marlène Dietrich, Michel Simon, Brel, Barbara…Il disait de lui qu'il était un "mélancomique". En 1970, il avait créé ce spectacle hallucinant intitulé «Et alors…» (extrait).

Tristesse… Mon "panthéon" se rétrécit inexorablement. Et rien ni personne n'est vraiment remplacé, par les temps qui courent…

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11 avril 2009

J'ai envie de plonger dans le temps…

… une façon de quitter furtivement la fureur du monde, et de me bercer de lenteur, peut-être…  De mes grands-parents, je n'ai connu que ma grand-mère maternelle. J'avais un an à peine quand ma grand-mère paternelle est décédée, et je n'ai bien évidemment gardé aucun souvenir des genoux sur lesquels elle m'a certainement fait sauter. Quelques photos, seulement, pour apprécier comme cette femme devait être douce et aimante. Quant à mes deux grands-pères, ils sont morts brusquement, et très tôt, trop jeunes. Mon père a perdu le sien alors qu'il n'avait que quatre ans, emporté par la tuberculose en 1919. Ma mère avait cinq ans lorsqu'elle apprit brusquement, au matin glacial et lumineux du 14 décembre 1922, le décès accidentel de son père, occupé en forêt à la coupe de bois…

Depuis longtemps, je souhaiterais raconter, en la romançant, l'histoire de cet homme, mon grand-père, tué par un arbre, laissant désoeuvrées une femme belle, une fille curieuse, et une autre enfant à naître cinq mois après sa disparition…

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01 avril 2009

"Elle va durer, la crise, encore ?…"

… c'est une des dernières questions, pleine de bon sens, de nuances, et ouvrant sur des perspectives de réflexion inespérées que le coupeur de parole Jean-Pierre *Elkabbach* a posé au petit Napoléon VIII ce matin sur Europe I.
J'en étais pantois…

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31 mars 2009

Tiens, tiens…

Pourquoi est-ce que je me sens si proche de ce mot de Ferré: «Le bonheur, c'est du chagrin qui se repose» ?… Et pourquoi est-ce que j'y pense justement maintenant ?…

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