Alarmes Egales II

23 mars 2013

Pas de bol… pour un retour, j'aurais préféré autre chose…

Imagine: ta douce bénéficie d'une semaine supplémentaire de vacances pour "bons services rendus", ça tombe bien, on avait prévu un petit week-end à Madrid pour son ...xyzantième anniversaire, on va donc pouvoir prolonger, et pourquoi pas l'Andalousie finalement tant qu'à faire… alors va pour une semaine en Andalousie, ça nous fera un petit avant-goût de printemps, l'Andalousie, tu penses… Donc tu es là, en Andalousie, tu avais pensé soleil mais tu hérites pile-poil des quatre ou cinq jours de pluie que ce coin de péninsule se ramasse en février, et pas seulement la pluie, le brouillard aussi, et le froid pendant qu'on y est, jusqu'au gel, si si, gratter les vitres de la voiture à 8 heures du matin à Grenade j'imaginais pas ! Bon, c'est beau quand même, l'Andalousie dans la peuf, on va pas chipoter.
Le truc pas prévu: une bête chute en milieu de semaine, à Jerez de la Frontera, tout près de Cadix (ah, la belle…) en me tordant la cheville sur des pavés, autour d'une foutue église dont on venait de se rendre compte qu'on pouvait même pas aller visiter vu qu'elle est en restauration… bon apparemment c'est pas trop grave, je me relève (disons qu'on m'aide à…), la paume des mains qui brûle, on se pose sur une terrasse, nettoyage des mains où il y a plein de petits gravillons incrustés, on se boit un coup, tiens c'est bizarre cette sensation dans le bras, ou dans la manche plutôt, un truc qui coule, tiens mais c'est bien sûr, c'est du sang, qui sort du coude, ben ça alors ! Nettoyage, désinfection, pansement (ma douce cache tout ce matos dans sa musette, qu'est-ce qu'elle est bien, ma douce…), et nous voilà partis pour de nouvelles aventures.
Re-terrasse, au soleil (tiens, c'est l'exception…), paella, puis départ pour Carmona. Le coude me fait un peu mal, normal avec une secouée pareille, mais rien de cassé, quelques anti-inflammatoire, un peu de contre-douleurs et il n'y paraîtra plus, on va pas se décourager pour si peu.
Je passe sur les détails, sur les petits coups de fièvre en soirée les jours suivants… Le dimanche, retour au bercail, tant mieux, je commence à m'inquiéter, quand même c'est pas normal ces douleurs, et ces rougeurs aussi sur le bras, grosse gamberge dans l'avion, et je me dis qu'un petit tour aux urgences du CHUV avant de regagner le home sweet home serait éventuellement une bonne idée. Gare de Lausanne, valises en consigne, métro direction CHUV, quatre heures plus tard: bloc opératoire !!! Verdict: bursite, grosse infection de la peau et du système lymphatique. Et cette question lancinante: sur quoi ai-je bien pu m'exploser le coude, alors que je suis tombé en avant sur les mains ? Après mûre réflexion: sur mon téléphone portable, dans la poche de mon pantalon !
J'avais tout imaginé des dangers potentiels du téléphone portable, rayonnements malveillants, micro-ondes sournoises, mais se retrouver à l'hôpital simplement parce qu'on tombe dessus, là, je dois dire…

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13 octobre 2012

Histoire(s) de quelque part…

Ces enfants des sables sous le fracas des étoiles, je les vois se murer en d'inutiles nuits. Ils cherchent sous le fer ces miroirs d'un monde où il n'y aurait plus que l'écorce éclatée des choses, que des nids séchés et dépeuplés, que des rives sans galets, que des vitraux sans couleurs… Ils nous diront plus tard la cohue de leurs effrois, la brûlure de nos silences, et ces rêves distendus prolongeant leurs yeux désertés par les larmes.

Alors des vagues de feu, peut-être…

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07 juin 2012

Anesthésie

Comme une sorte de lassitude…

Comme s'il ne distinguait plus les feuilles sur les arbres, ou la bruine sur les feuilles, ou ses larmes dans la bruine…

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25 janvier 2012

Putain de moto…

Revenir ici, discrètement, comme si je n'étais pas "chez moi"…

Pour dire ma tristesse, peut-être aussi ma colère parce que je ne m'imaginais pas qu'il disparaîtrait de cette façon. Le cinéaste mélancolique poète de la lenteur, du gris, de la brume, du temps qui passe, obsédé par le thème de la frontière, Théo Angelopoulos a bêtement été renversé par un motard. On ne verra donc pas L'Autre Mer…

 

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07 novembre 2011

Les mots des autres

… à défaut des miens…

« (…) j'ai pensé que les mots ne frissonnent pas, eux, qu'ils ne peuvent qu'être tranchants, meurtriers, au mieux ambigus, et qu'ils ne nous donnent les êtres que lointains, ou morts. »

(Richard Millet, La fiancée libanaise)

 

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20 juillet 2011

Juin 1967

Il y a quelque chose d'agréablement indolent dans la douceur de cette fin de printemps. Nonchalance des terrasses ombragées où l'on se retrouve après les cours, des conversations tranquilles qui s'y tiennent, des rires qui fusent parfois, en rien gênés par les bourdonnements de la ville, les cris des martinets tourbillonnant haut dans le ciel ou des mouettes raillant les vaguelettes qui louvoient entre les coques sagement alignées au port. Tout paraît entré dans un calme qui nous semble ne jamais vouloir s'arrêter.

Les fureurs du monde sont éloignées sans toutefois échapper à nos discussions. Une junte militaire au pouvoir à Athènes, une rapide guerre au Proche-Orient que l'on dit "des Six jours", des émeutes raciales qui s'aggravent aux Etats-Unis, des bombardements qui s'amplifient sur Hanoï… De choquantes images aux actualités du Ciné-journal suisse au cinéma, avant la projection du film. Comment ne pas en être consterné… Derniers soubresauts d'un vieux monde qui s'écroule, peut-être…

Parce qu'il y a aussi dans l'air quelque chose de troublant, comme un murmure de révolution lointaine. D'autres mots qui se disent, d'autres musiques qui éclatent, d'autres couleurs qui jaillissent. Si les premières ballades de Simon et Garfunkel nous font rêver à la douceur de la peau des filles, un extraterrestre nommé Hendrix vient à peine de surgir dans nos transistors avec sa Stratocaster magique, métamorphosant le jeu de la guitare. Aussi sec, les Beatles projettent à la face du monde une bombe nommée Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band. Ahuris, on apprend que quelque part en Californie, à Monterey, un festival de musique monstre vient d'avoir lieu. Dans quelques jours, quelques semaines, on entendra parler de Summer of Love, de Flower Power, sous les riffs de la Gibson de Jerry Garcia (Grateful Dead), la voix cristalline de Grace Slick (Jefferson Airplane) et les mélodies caressantes du Buffalo Springfield.

Où trouverait-on, dans un tel contexte, le moindre signe qui nous dirait que nous ne sommes pas immortels ?

 

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13 juillet 2011

Quelques pépites au fond du puits… (n°1)

Elle se réclame de Brel, de Barbara, de Colette Magny, de Janis Joplin, de Léo Ferré… On pourrait faire pire. A l'époque, j'avais acheté ce disque suite à une émission de radio écoutée chez moi tard le soir au coin d'une table remplie de miettes. Ces mots et surtout cette voix m'avaient hérissé le poil.

Son nom: Mama Béa Tekielski. Et ça s'appelle Pas peur de vous (1980).

 


Mama Béa Tékielski - Pas peur de vous par Leboc

 

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19 juin 2011

Sa toute première télé…

On ne parle que de lui, ces jours-ci, puisque en ce 19 juin, ça fait 25 ans qu'il s'est viandé sous ce putain de camion…

Désolé, gens de l'Hexagone: on ne le découvre pas en mai 1974 à la TV française, comme a pu le dire Marie-Drucker-au-bruching-impeccable dans «C'est notre histoire» de dimanche dernier. Non non, mais bien un mois plus tôt, et avant la célèbre tenue salopette-tee-shirt-jaune, et sur la télé suisse romande, siouplé. Dans une émission intitulée A bâtons rompus, que j'ai alors eu l'honneur de voir, ahuri, tellement ça ne ressemblait à rien de connu, et tellement c'était drôle.

Là, je vous mets le lien avec la séquence des archives de la TSR, plus complète (elle fait bien 6 minutes de plus…) que ce qui existe sur Youtube, ci-dessous.

 

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07 juin 2011

Les mots des autres

«Ecrire est une colère, écrire est un transport, écrire est une conquête, une immensité.»

François Cavanna, Lune de miel

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23 mai 2011

Une plongée dans le sublime

Elle à nouveau. Elle encore.
Elle magicienne. Elles magiciennes, parce qu'elle est là avec son double.
Elles belles et magnifiques.
Parce que leur musique, c'est comme une fenêtre qui s'ouvre sur des rochers envahis de soleil.
Comme des trésors plantés au creux de criques abandonnées.
Comme un regard se jetant dans une mer au bleu si profond que même les vagues vont s'y noyer.
Comme des orages venus d'Olympes désertés par leurs dieux, brisés qu'ils sont comme des morceaux de marbre tombés dans la poussière.
Elle et elle sont une musique qui vient de si loin… Une musique qui sème des coquelicots, fragiles et violents, dans une boue qui bientôt va tout emporter…

«Anatoli», nouveau récital d'Angélique Ionatos et Katerina Fotinaki vu samedi dernier au théâtre Kléber-Mélau est une plongée dans la beauté et les blessures du monde, la déchirure des espérances. Une perfection !
(Elles sont à Arles le 17 juillet, ainsi que tout le mois au festival d'Avignon. Courez-y…)

 


Angélique Ionatos par Mediapart

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