07 novembre 2007

Il y a des êtres magnifiques, heureusement

J'ai une immense, immense, immense tendresse pour cette personne. Il s'appelle Gérard Guillaumat, il est comédien, c'est un grand enfant de 84 ans, sa fragilité fait sa force.
(Je l'ai vu la première fois il y a environ 25 ans, on avait reçu son spectacle consacré à Maupassant, et on avait passé un bout de nuit émouvant…)

Son histoire est terrible.
Son père est chef d'orchestre, sa mère fait de la danse, sans grand talent mais avec beaucoup de passion. Il grandit avec des gouvernantes, dont une qui fut la première à lui raconter des histoires.
Tout jeune, il entre – un peu par hasard – en relation avec un réseau de Résistance, pour lequel il distribue du courrier, entre Tours et Bayonne. Il a 17 ans. Un jour, il est arrêté par la Gestapo. Il est condamné à mort, sa mère réussit à l'en sauver, mais il se retrouve à Buchenwald, pour trois ans. Quelqu'un le prend d'affection, l'aide à survivre au quotidien. Tous les soirs, ils font un repas virtuel, ils ferment les yeux et s'imaginent manger des châtaignes !
A sa sortie de camp, il retrouve sa mère, qui d'abord ne le reconnaît pas. Il ne peut plus parler, il a perdu l'usage de la parole. Ce sera le théâtre qui le sauvera, qui le ramènera à la vie. En 1947, il rencontre Charles Dullin, qui sera son second ange gardien.

J'ai fait court… Son histoire, il la raconte là (RSR, Samedi 27 octobre. Cherchez un peu, ça commence vers la minute 12'). C'est bouleversant. Dépêchez-vous, ça ne va pas rester longtemps en ligne.
(Et puis ici, aussi.)

Posté par Vertumne à 13:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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