19 juin 2009
Musique solaire
Il est assis au fond de la chambre, près d'une fenêtre dont les petits carreaux distillent sur le tapis élimé un peu de ce pâle soleil d'arrière été. Sur un guéridon, un bouquet de dahlias jette une tache violacée sur les sombres et lourdes tentures. Il écrit. Ou plutôt, il griffonne avec lenteur et application, parfois avec un peu plus de fébrilité, il fait courir de sa plume d'oie les notes qu'il ordonne sur la portée. De temps à autre, il saisit son alto et vérifie le rythme et la cadence des pizzicati dont il cherche à accompagner la ligne mélodique du violon, d'une vacillante douceur…
Il ne sait pas qu'il écrit une des œuvres les plus émouvantes de la musique. Ni qu'il mourra dans quelques semaines. Ou peut-être le sait-il…
(Schubert, Quintette à cordes en do majeur, D. 956, plus particulièrement l'adagio du deuxième mouvement. Je l'écoute pratiquement en boucle depuis une éternité…)
Commentaires
Mince alors... je viens de rechercher dans mon coffret de musique classique, je n'ai pas le quintette D956.
J'ai 4 CD dont l'ultime sonate 21 et le Magnificat composé un mois à peine avant sa mort.
Je pense que je saurai où me procurer le quintette dont tu parles ;)
Bon week-end, musique !
M'en vais le découvrir ce quintette que je ne connais pas
Mais j'aime beaucoup Schubert...
Trouvé plein de liens vers ce morceau, mais aucun podcast ! Si tu as un tuyau pour que l'on puisse l'écouter, je prends avec plaisir
Ton texte est émouvant. On s'y croirait.
Merci, Noisette ! Bonne nuit…
J'ai écouté, merci pour ton mail. Magnifique !
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